Le parc de la Gatineau

Depuis mon arrivée, les pieds me démangeaient… Je m’imaginais déjà, sac au dos, m’élancer sur les sentiers pour parcourir ce fameux parc, considéré comme le poumon vert de l’Outaouais. J’avais oublié les dimensions canadiennes… 361km2. Par chance, lors de mes recherches « bons plans » du soir – qui me permettent de trouver toutes les gratuités du coin, j’en parlerai bientôt – j’avais découvert le service de bus-navette gratuits les week-end. Dans ma grande ingénuité, j’avais pensé, comme pour les City-tour, pouvoir faire en une journée tous les arrêts pour un repérage en vue de l’arrivée de mes parents et des sentiers de rando sur lesquels je pourrai entrainer deux enfants ravis, motivés et souriants…

C’était sans compter les distances… de l’arrêt 2 (à 10 minutes à pied de chez nous) jusqu’au centre des visiteurs à l’autre bout, il faut compter 1h30 de bus. Nous nous sommes alors arrêtés au lac Pink.

Son nom ne pourrait pas être plus trompeur. Nommé ainsi en l’honneur des premiers propriétaires d’un droit de coupe sur ce territoire, il est vert émeraude (ou jade, le débat à ce propos a été nourri entre les enfants…). Cette couleur est due à des algues microscopiques. C’est magnifique, mais cela met en danger ce lac méromictique. En effet, en raison des falaises escarpées qui l’entourent et de sa forme de cuvette, les 7 derniers mètres de profond ne se mélangent jamais au reste et ne contiennent aucun oxygène. Le fameux brassage des lacs ne peut se faire.

La quantité importante de visiteurs avait accéléré ce processus par l’érosion, contribuant à nourrir les algues qui s’accaparaient tout l’oxygène. Le sentier construit a permis de ralentir ce phénomène.

C’est vraiment un lieu magnifique. D’une sérénité et d’un calme absolu – entre deux cris de touristes – .

Parce qu’on ne pouvait pas manquer cela, nous avons repris la navette en direction de la fameuse station de ski Camp Fortune. Un peu surpris en descendant du bus, et désarçonnés par l’organisation que nous avons mis un moment à comprendre, nous avons finalement pu nous élancer sur la piste de luge d’été.

Une petite nostalgie du Moléson, et forcément de la maison! J’ai presque récupéré Thibaut, surtout après qu’il ait enfin trouvé un Coca. Pas très en forme aujourd’hui et n’ayant quasi rien mangé, il doit avoir le contre-coup du voyage. Dans le bus du retour, alors qu’il s’était endormi, il a même rêvé d’un sandwich au salami et gruyère de la Neuve!

Cela ne l’a pas empêché de lire avec attention tous les panneaux explicatifs de la journée, avec un ton docte et professoral, facilitant ainsi la vie de sa soeur qui se fatigue vite en lecture. Ils font une belle équipe: l’une calcule tout ce qui doit l’être, alors que l’autre fait le lecteur.

Comme il nous restait du temps, en rentrant nous avons encore fait un arrêt à l’observatoire Champlain, du nom du lac qui recouvrait toute la région autour du parc de la Gatineau à la fonte des glaciers il y a 11’000 ans.

Je vous passe le cours d’histoire géologique, mais le joli sentier d’un peu plus d’un kilomètre a fini d’achever les enfants.

Les repérages ne sont pas complets, mais déjà bien démarrés. Je me réjouis infiniment de tester les sentiers plus longs cet automne. « Une marche par semaine les enfants », me suis-je enthousiasmée dans le bus. Ma proposition a raisonné dans le vide…

2 réflexions au sujet de « Le parc de la Gatineau »

  1. Merci de partager vos aventures; quel bonheur de vous lire! Effectivement, au Canada, les distances sont quelque peu différentes de chez nous. On se fait surprendre 1 fois ou 2 et après c’est bon ;o)

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