S’adapter

La plupart d’entre vous m’ont dit, quand j’évoquais mes inquiétudes à l’approche du départ, que « ça allait aller », à la vaudoise! Et c’est évidemment vrai. Mais je me rends compte après deux jours qu’effectivement, ce n’est pas comme des vacances. Il faut s’approprier ce logement qui n’est pas le nôtre, faire l’impasse de notre confort qui nous semblait évident, mais qui prend tout un coup une couleur de nostalgie. Il faut se remettre de notre déambulation désabusée dans le « Maxi » qui « smash les prix »: que choisir dans cette immense hall dont presque tous les produits nous semblent étrangers et si peu nous font envie. Quel plaisir quand, dans le parc Moussette, nous retrouvons un petit marché rempli de légumes. Pourtant on ne peut pas vivre comme en vacances, dépenser sans vraiment compter et comparer tous les bons restos du coin.

Et c’était cela l’objectif du voyage. Ce n’était pas un périple de deux semaines en bougeant sans arrêt pour faire la liste des incontournables québécois, mais bien une immersion, une vision de l’intérieur, tout en se sentant encore terriblement étranger pour le moment. Tout est découverte, questions qu’on pose aux passants: comment trouver la validité du ticket de bus? Ou acheter les abonnements pour les transports publics? Comment ouvrir la porte? Quoi? la piscine est gratuite? Et la découverte du kayak de la semaine prochaine aussi? Pourquoi y a-t-il d’incroyables feux d’artifice deux fois par semaine?

S’il nous faut encore du temps pour nous habituer un peu, pour atterrir et prendre nos marques, nous sommes certains que cette expérience sera riche en apprentissages et en émotions. Ne serait-ce qu’en découvrant comment les enfants réagissent à l’inconnu, chacun de manière si différente, mais toujours avec émotion et attention pour l’autre. Je suis fière d’eux: ils n’ont rien demandé, ils n’imaginaient pas ce que cela impliquerait, leur papa leur manque, mais ils gardent des yeux émerveillés devant toutes les découvertes qui rythment déjà nos journées.

Et ce n’est que le début…

Premier réveil

Citation anonyme prémonitoire de ce matin d'anniversaire

Avoir osé faire le pari de ce congé. Se lancer dans une modeste aventure pour rompre avec le quotidien. Trois mois s’ouvrent à nous remplis de promesse, de surprises et de découvertes. Rien de tel pour se rappeler la chance que l’on a, les bonheurs vécus au quotidien.

Préparer le départ

Et voilà, je suis à deux jours du départ. Les bagages se préparent tranquillement et avec les enfants on oscille entre des moments d’excitation profonde et une légère boule au ventre de se lancer dans l’inconnu. Bien qu’on ait longuement scruté GoogleMaps autour de notre futur domicile, repéré les magasins, musées et bibliothèques, cette fois ce sera en vrai qu’on découvrira cette ville dans laquelle nous allons passer 3 mois.
Cela fait plus d’un an qu’un soir, dans mon lit, j’ai demandé à Marc s’il serait prêt à partir 3 mois au Québec. Il n’a eu aucune hésitation. La vie a mis sur son chemin un job sur mesure et c’est dans un premier temps seule avec les enfants que je vais partir. Mais tout ce temps que nous allons pouvoir passer en famille est incroyable.
J’ai toujours rêvé de savoir écrire, de transmettre des émotions par les mots. Force est de constater que ma force, c’est la synthèse! Compiler et mettre en avant les idées des autres, valoriser l’accès aux connaissances, bref rien de très glam. Alors j’ai envie, dans ce temps de congé, de vie au rythme différent, de m’oser à l’écriture libre.

Prendre le temps de raconter librement notre vécu, mes observations dans ces écoles dont la pédagogie et l’innovation sont tant mises en avant.

M’oser a une forme d’expression si loin de ce que je sais faire, sans filet de sécurité, sans maîtrise et planification. Juste pour mon plaisir. Alors bonne lecture si le coeur vous en dit.